Douceurs des îlesPâtisserie antillaise, recettes de famille

Blanc-manger coco, le dessert qui prend au frais

Le blanc-manger coco est sans doute le dessert antillais le plus simple à réussir : pas de four, pas de caramel, juste des laits, de la vanille, du citron vert et un peu de patience. Rosalie livre ici la version de sa famille, celle qu'elle prépare la veille pour les repas de fête.

  • Publié le
  • Par Rosalie
  • Préparation 20 minutes
  • Sur le feu 10 minutes
  • Repos 4 heures au moins
  • Pour 6 parts

Un flan qui ne se cuit pas

On confond souvent le blanc-manger coco avec le flan coco. Rien à voir, pourtant : le flan se cuit, le blanc-manger se fige. C'est un entremets pris au froid, à la texture souple, quelque part entre la panna cotta et la crème renversée, mais avec ce goût de coco chaud et de vanille qui n'appartient qu'à nos îles. Chez moi, on le sert en ramequins individuels, avec un coulis de goyave ou quelques quartiers d'ananas bien mûr. Un grand moule à savarin démoulé sur un plat fait aussi son effet pour un anniversaire.

Le secret tient à deux choses. D'abord l'équilibre entre lait de coco et lait concentré : trop de concentré, le dessert devient écœurant ; trop de coco, il manque de tenue et de douceur. Ensuite le dosage de la gélatine. Dans ma famille, on la mettait « au jugé », ce qui donnait tantôt un blanc-manger qui tremblait à peine, tantôt une brique. Après bien des essais, je me suis arrêtée sur six feuilles pour 850 ml de liquide : il tient debout à la sortie du moule et fond dès la première cuillère.

Le lait entier n'est pas là par hasard : il allège le mélange et évite que la matière grasse du lait de coco ne remonte en surface pendant la prise. Quant au zeste de citron vert, il ne doit pas dominer, juste rafraîchir. Une seule condition : un citron non traité, zesté finement, sans la partie blanche qui donnerait de l'amertume.

Les étapes

  1. Ramollissez la gélatine. Faites tremper les feuilles dans un grand bol d'eau froide pendant dix minutes, le temps de préparer le reste.
  2. Réunissez les laits et les parfums. Dans une casserole, versez le lait de coco, le lait entier et le lait concentré sucré. Fendez la gousse de vanille, grattez les graines, ajoutez gousse et graines, puis le zeste de citron vert, la cannelle, la muscade et le sel.
  3. Chauffez et infusez. Portez à feu doux en remuant jusqu'au frémissement, sans jamais laisser bouillir : le lait de coco supporte mal l'ébullition et se sépare. Coupez le feu, couvrez et laissez infuser quinze minutes.
  4. Incorporez la gélatine. Retirez la gousse. Si le mélange a trop refroidi, réchauffez-le à peine. Essorez les feuilles de gélatine entre vos mains et ajoutez-les hors du feu en fouettant doucement jusqu'à ce qu'elles aient complètement disparu.
  5. Moulez. Passez le mélange au chinois pour retirer le zeste et les éventuels grumeaux, puis répartissez-le dans six ramequins passés à l'eau froide et non essuyés, ce qui facilitera le démoulage. Un grand moule d'un litre convient aussi.
  6. Laissez prendre. Couvrez et placez au réfrigérateur au moins quatre heures, idéalement toute une nuit. Le blanc-manger doit trembler quand on secoue le ramequin, sans couler.
  7. Démoulez et servez. Trempez le fond des ramequins dix secondes dans de l'eau chaude, passez une lame fine sur le bord, retournez sur une assiette. Nappez de coulis de goyave et parsemez de coco grillée.

Les astuces de Rosalie

  • Sans gélatine : remplacez-la par 2 g d'agar-agar, mais il faut alors porter le mélange à ébullition pendant une minute avant de mouler. La texture sera un peu plus ferme.
  • Ne congelez jamais un blanc-manger : il rend son eau en décongelant. Il se garde en revanche trois jours au réfrigérateur, couvert.
  • Pour un dessert de fête, versez le mélange dans un moule à savarin, démoulez sur un plat et remplissez le centre de dés de mangue ou d'ananas.
  • La coco grillée se prépare en deux minutes dans une poêle sèche, à feu moyen, en remuant sans arrêt : dès qu'elle blondit, hors du feu.

Note de la rédaction : recette réalisée deux fois avant publication, par Rosalie puis par Théo, avec deux marques de lait de coco différentes. Le temps de prise a été identique ; seule la couleur variait légèrement selon le lait.